Un château dont l'histoire remonte jusqu'au Chartreux de Paris (1367)
(en cours de construction)
Le château de Berthenonville est inscrit à l’inventaire général de 1976, sous la dénomination manoir, château, et la description historique est : manoir 18ème siècle, château 19ème siècle.
Le château, situé à Berthenonville, est notre résidence principale depuis mai 2019. Notre intérêt pour l’histoire de ce patrimoine vient de la découverte de plans dans le château et des documents conservés aux archives de l’Eure. Nous vous en livrons ici un fragment.
Histoire des successions de propriétaires
Durant plusieurs siècles, le domaine comportait le château, la ferme, le moulin, le potager et diverses terres. Aujourd’hui nous ne possédons que le château. Depuis 1976, le domaine est inscrit à l’inventaire général et classé sous la dénomination de manoir XVIIIe pour la ferme et château XIXe pour le château
A partir du XIVe siècle jusqu’à la Révolution, la commune et le château de Berthenonville ont été divisés entre des chartreux de Paris et des seigneurs. Les chartreux est un ordre religieux qui s’installe à Paris à l’hôtel de Vauvert en 1257 sous l’impulsion de Louis IX, dit Saint Louis.
Des écritures gravées en fraktur, soit en gothique allemand, dans une pierre ont été retrouvées. Bien que l’état actuel de la pierre ne permet pas encore de déchiffrer l’ensemble des écritures, on peut entrevoir le nom des chartreux de Paris et celui de notre village.
L’ordre des successions de propriétaires est encore à ce jour lacunaire. Des documents rapportent que vers le milieu du XIVe siècle le chevalier Pierre Lebrun, possédait le domaine. A partir de 1580, Jean de Pacaronny, rentier, occupa le domaine durant près de deux siècles. Au début du XVIIIe, les chartreux payaient un loyer à la famille Pacaronny pour le château et ou ses dépendances. Il semble qu’en 1726, François Lefubre, conseiller et avocat du roi succédait à la famille Pacaronny. En 1742, c’est un certain Jacques de Chassaigne qui est propriétaire du château. En 1770, Antoine Blondel, écuyer du roi achète le château. Il était très impliqué dans la vie politique économique et administrative de la région. La sœur d’Antoine Blondel hérite de la propriété de son frère qui passe ensuite dans la famille jusqu’au moment de la Révolution française en 1789. Claude Méry, prêtre du diocèse de Rouen voit son bien réquisitionné en 1793.
En 1821, le domaine est racheté par un certain Monsieur de Boulongne, marié à une Méry. Le patrimoine revient dans la famille Méry et y reste pendant deux siècles. C’est par l’un des descendants que l’on a acquis notre maison.
Depuis 2019, nous restaurons cette bâtisse. Entre électricité, eau courante, peinture, restauration des boiseries etc, l’on a cherché à redonner à cet endroit son éclat d’autrefois en lui rajoutant une touche de modernité.
Au gré de nos recherches, nous faisons régulièrement de nouvelles découvertes.
Histoire architecturale
Les traces du château de Berthenonville sont visibles bien avant le plan le plus ancien que nous possédons : celui de 1770. Cependant, nous ne possédons que peu d’informations quant à l’évolution de son style architectural avant 1770. Un plan daté de 1848 atteste d’une reconstruction ou plutôt d’une massive réduction de la surface du château.
L’on sait, qu’avant 1848, les bâtiments allaient jusqu’à la grille. Seule une fraction est restée intacte : le pressoir, le cellier et la grange. Utilisés jusqu’en 1980, ils avaient une fonction agricole car rattachés à la ferme. Les pierres amassées ont servi à la construction de nouvelles dépendances, écuries et une maison de gardien. Après 1848, le château est reconstruit dans une architecture plutôt classique et un intérieur de style empire. Le toit se modifie. Malgré une forte tendance de reconversion de l’architecture châtelaine française suite aux mouvements révolutionnaires, l’on ne peut toujours pas affirmer la raison des modifications du château.
Le parc passe d’un jardin à la française en 1770 à un jardin à l’anglaise à partir de 1848. Notre prochaine étape dans nos restaurations est d’offrir une nouvelle structure au parc entre allées, bassins, potager, serre et plantations d’arbres ornementaux pour les générations futures.
Sources principales :
[1] www.pop.culture.gouv.fr
[2] @Château de Berthenonville
[3] Reconstruction, peinture sur porcelaine, signée E de B, non datée, M. Ivan Brumpt
[4] Berthenonville. Section B _ du Village _ Feuille Unique (3PL/593/3), 1836, archives.eure.fr
[5] Archives famille Mery de Bellegarde, M. Ivan Brumpt
[6] Archives famille Mery de Bellegarde, « Le Manoir de Villers », Les éditions du Palais, 2013
[7] « les anoblis par charge en Haute Normandie de 1670 à 1790 », G. d’Arundel de Condé, P. Du Puy, 2006
[8] Annuaire administratif, statistique et historique du département de l’Eure ser.2, Charpillon, Caresme, 1868,
[9] « Statistique et Historique du Département de l’Eure », L.-L. Gadebled, Evreux, 1840
[10] Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne et de la Nouvelle France , Saugrain, Pierre Prault. 1726. Galica : gallica.bnf.fr
[11] L’ Appel du Clocher (Bulletin bimestriel des paroisses de Berthenonville, Molincourt, Château-sur-Epte, Aveny et Dampsmesnil), 1935-1938
[12] Liste des Seigneurs de Berthenonville, M. Patrick Olivier, M. Ivan Brumpt
[13] Berthenonville – « Plan figuré à vue de la paroisse Saint-Ouen de Berthenonville en V[exin N]ormand« , Cote : 2 PL 31 ; Archives de l’Eure (archives.eure.fr)
[14] Berthenonville – Le Château de M.J. Méry de Bellegarde. Cote : 8 Fi 60-17, Origine : L Tournant Gisors; Archives de l’Eure (archives.eure.fr)





